mercredi 21 avril 2010

Le galon et la cruche

Aujourd'hui m'est venue une idée farfelue comme il m'arrive assez souvent quand j'ai soif: commander de l'eau. Alors ici, comme on ne boit pas d'eau du robinet, enfin si, on peut en boire, mais faut aimer la perfusion à l'hosto après, on doit appeler un petit bonhomme qui amène un galon d'eau bouillie, qu'il installe sur un distributeur d'eau, distributeur très sophistiqué, qui permet par la suite de tirer le dit liquide dans ton ptit verre. Procédé assez simple énoncé de la sorte.

Seulement voilà, j'avais soif, mais je n'avais que 15 minutes avant de partir au boulot. Je me tâte. D'accord le petit bonhomme est à 50 mètres, mais je suis en Indonésie, le pays où il est commun de recevoir un sms t'indiquant, après 3 heures d'attente à un rdv, « Il pleut, je ne viens pas ». Alors si quand il pleut t'attend 3 heures, je te laisse deviner le temps de détente de mon petit bonhomme s'il fait trop chaud. Et là, il faisait super chaud. Mais je suis une ouf. Me suis dit, si ça se trouve, ce soir aussi t'auras soif, allez, go for it, tu ne le regretteras pas. Et je ne l'ai pas regretté.

En attendant ma bombonne, je me suis habillée, mon foulard autour du cou, j'avais plus que mon sac à prendre pour enfourcher ma monture et foncer au bureau (le top niveau de l'organisation et de la gestion des minutes franco-indonésiennes). Mon petit bonhomme est bien arrivé, mais c'était une petite bonhomme. Tellement petite qu'elle avait une tête de galon de 19 litres. J'ai failli lui demander si elle allait bien, -elle était toute bleue, et carrément déformée, avec un œil énorme et un rictus hyper chelou-, mais j'me suis dit, « ma fille, celle-là c'est la seule qui boit de l'eau de tout le quartier et pas de nectar de sucre comme ses 240 millions de potes, y a pas de raison qu'elle ait pas la santé. ». Et c'est là que j'ai baissé la garde.

Je lui ai sympathiquement demandé si elle pouvait m'installer la bombonne, et c'est là que j'aurais dû faire un arrêt sur image sur ce regard qui me revient ce soir, ce regard qui semblait dire: « Mais non, moi je remplace mon frère, je ne sais pas vraiment faire ça..Ne me tuez pas.. Oh remarque, c'est vrai, je l'ai déjà vu faire mon frère, ça doit pas être sorcier..de toute façon je suis dans la maison de cette étrangère, si je le fais pas, elle va m'clouter à son paillasson et m'offrir en offrandes aux démons, et alors ce sera 45 ans de malheur sur ma famille... j'ai pas l'choix, faut que j'le fasse....Faisons lui croire que j'assure »..Non, lecteur, je n'avais pas interprété ce regard sur le moment, je te jure.

C'est donc l'air sûr d'elle, que ma petite bonhomme s'est approchée de l'étagère sur laquelle repose mon superbe distributeur d'eau et a commencé à mesurer la distance entre le sol et le galon, et le dit-distributeur. Tu es comme moi avant un an d'Indonésie, lecteur, tu aurais congédié cette brave fille en la payant le double pour qu'elle se barre. Mais voilà, après un an d'Indonésie, où tu t'es dit dans toutes les situations « comment ce malade va réussir son truc en s'y prenant comme ça », et où finalement tu as du constater le succès de l'opération, tu finis par croire en tout. Après avoir de mes yeux vu une femme balayer devant chez elle avec un morceau de bois, un conducteur de taxi survivre à un doublage de camion sur une deux voies de la taille d'une zéro voie, sans visibilité avec une moto montée de 5 personnes surgissant de nulle part, et après avoir vu un poisson qui marche, j'ai décidé de donner sa chance à la fillette.

C'est donc toujours avec un air interrogatif (oui, lecteur, je reste une connasse d'européenne qui ne se départit pas de ses mimiques révélant un sentiment de supériorité, je ne suis pas parfaite), que j'ai fait confiance à ma petite bonhomme. J'étais très curieuse de connaître sa technique. Plus tard j'ai compris qu'elle n'en avait pas.

Sur mon étagère, il n' y a pas que le dit distributeur. Il y a le four, encore chaud d'avoir grillé les derniers petits pains du mois trouvés à carrefour puis congelés, le fil électrique qui le relie à la prise, il y a mon cuiseur de riz, et le fil électrique qui le relie à la prise, il y a toute ma nourriture et ma vaisselle, et pas de fil électrique qui les relie à la prise. Bref, mon étagère est une métonymie à elle toute seule, puisqu'elle représente ma cuisine.

En général, on enlève pas le bouchon du galon de 19 litres, on fait juste une entaille dedans, parce qu'on sait que lorsqu'on renversera le galon pour que le goulot se fiche dans le dit-distributeur, l'eau se déversera de façon, me semble t-il prouvée scientifiquement, un peu partout, et pas forcément à l'endroit où l'on en voudrait. Ce n'était pas la technique de mon petit bonhomme. Mais pas de panique, ma façon de faire les choses n'est pas universelle. La science n'est pas toujours la base du bricolage. J'ai bien vu un mec réparer un compteur électrique avec une pince à linge, je ne vois pas pourquoi je devrais m'en faire.

Ma petite bonhomme a donc enlevé le bouchon du galon. Elle a regardé le galon. Elle a regardé le distributeur. Elle a regardé ses petits bras. Elle a regardé l'étagère. Elle a regardé le galon. Elle a répété son mouvement. Elle a regardé le galon. Elle a soufflé. A pris le galon. L' a soutenu de toutes ses forces au-dessus de sa tête, a renversé le galon. Et c'est avec une grande surprise que j'ai vu 5 litres de flotte jaillir partout sur mon étagère. Prise de court par tant de surprise, je bondis prêter main forte à la petite qui ne savait plus quoi faire, freinée dans ses mouvements par la pression de la cascade, et l'aider à remettre la galon à la verticale. C'est ainsi que Doisneau (que l'orthographe automatique s'évertue à cet instant à transformer en damoiseau ou dindonneau) a loupé une belle photo: moi enserrant la gamine dans mes bras, la gamine enserrant la bombonne.

Bon, me dis-je, assez de dégâts, je prends les choses en main. J'enlève mon foulard que je pose sur un meuble. Je demande à la bonhomme de se pousser et m'apprête à régler le problème de façon pragmatique quand celle-ci m'arrête pour me dire. Non non, je vais le faire, ne vous inquiétez pas, c'est juste que j'avais les bras trop courts, il me faut juste une chaise, y a pas de problème. Elle a l'air sûr d'elle, et moi je ne suis pas complètement une connasse qui pense que seule sa technique est la bonne. J'ai du lui mettre trop de pression, et en plus, j'ai bien vu un gars qui mettait son blouson avec la fermeture éclair dans le dos, et qui malgré le temps un peu plus long que moi j'aurais mis pour fermer le zip, avait la top classe. Je lui ai donc laissé le bénéfice du doute, comme à tous ceux qui depuis un an arrivent à faire des trucs biens avec des techniques pourtant peu prometteuses.

Je lui ai donc amené une chaise. Elle a regardé le galon. Elle a regardé le dit distributeur. Elle a regardé ses petits bras. Elle a regardé l'étagère. Elle a regardé la chaise. Elle a regardé si la flaque d'eau n'était pas dangereuse. Elle a regardé le galon. Elle a répété son mouvement. Elle a regardé le galon. Elle a soufflé. A pris le galon. Est montée sur la chaise. A soutenu le galon de toutes ses forces au-dessus de sa tête, a renversé le galon. Et elle m'a fait la même chose, mais de plus haut. Et c'est avec une grande surprise que j'ai vu 5 nouveaux litres de flotte jaillir partout sur mon étagère. Tel James Bond arrêtant un barrage explosant, par la seule force de ses biceps, elle a lutté contre les éléments déchainés pour clipper le galon sur le distributeur. De mon côté, j'essayais de débrancher tous les appareils électriques. Pendant ce temps là, l'eau providentielle coulait partout, et je voyais ma bonhomme essayer de trouver des appuis partout avec son bidon, qui fort heureusement pour ses bras menus, devenait de plus en plus léger. Un pied sur la chaise, un pied sur le paquet de nouilles en équilibre sur l'étagère, elle a finalement accompli sa mission.

Le galon de 4 litres d'eau (on a pas pu sauver les autres) trônait désormais sur le dit-distributeur. C'est avec un air satisfait du devoir accompli, trempée, devant mon regard complètement stupéfait et mes vêtements au stade ultime de l'éclaboussure, qu'elle s'est emparée très naturellement du foulard que j'avais posé sur un meuble, et qu'elle à commencé à éponger les 15 litres d'eau en commençant par la plaque du four.

C'est à ce moment que ma patience s'est estompée et que j'ai laissé transparaitre un léger signe d'agacement, que je regrette, et que j'ai pensé que ma technique aurait été meilleure. J'ai remercié ma petite bonhomme, l'ai payée, et une fois la porte fermée, j'ai ri. J'ai ri, en pensant que si j'avais été en France, j'aurais hurlé en refusant de payer le mec. Et c'est là que je remercie l'Indonésie. Les trucs qui vous semblent surréalistes sont ici les plus normaux et illustrent à merveille mon nouveau et sage credo: Patience et longueur de temps, font plus que force ni que rage.

Je me suis donc servi un verre d'eau, et suis partie au boulot, en retard et sans foulard.


Le dit-distributeur dans son contexte spatial

mardi 13 avril 2010

Où sortir à Surabaya (ou pas finalement)

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Au concert des "Chinese man" sur la place principale de Surabaya avec une multitude d'indonesian men

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Au karaoké avec Aan

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Au Colors où ils mettent régulièrement le feu au comptoir à proximité des bouteilles d'alcool. C'est très festif, et comme c'est pas dangereux, on aime.

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Au concert d'ultra sons de DJ Pipi (que l'on apprécie plus pour les fous rires qu'on y a plutôt que pour la beauté de la musique, mais je ne suis pas spécialiste ni réputée pour mon oreille musicale. Certains vous diront que DJ Pipi fait de la merde, mais je trouve ce jugement trop hâtif)

A suivre...

jeudi 25 mars 2010

Si toi aussi tu aimerais bien écrire des Sms comme ça à ton chef

Surabaya. 14.17 PM. Rush total suite à une erreur de W. . Réquisition urgente de l'équipe.

Réponse SMS de W.:

"Je ne peux pas t'aider, je suis à la toilette. Merci"

vendredi 19 mars 2010

Quand les images collent bien au texte

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Once upon a time, sur un bateau vers Kupang, classe V.I.P.
Très beau clip vidéo allant à merveille avec cette chanson des corrs
Un grand moment de karaoké.


Le Batik, costume traditionnel qui va bien avec toutes vos moquettes, tentures, revêtements muraux, linos imitation bois

mercredi 17 mars 2010

Un coucher de soleil sur Bali

Un coucher de soleil, c'est beau, c'est magique. Surtout à Lombok quand le soleil se couche sur l'île enchanteresse de Bali. C'est vrai ça, c'est incroyable, des tons merveilleux qui rappellent les coloris des rouleaux de pq, des nuages mirifiques et des reflets majestueux sur la mer azurée. Ouh-la-la, c'est vrai-m-ent tr-ès tr-ès b-eau un coucher de soleil sur Bali.

Finette vous commente un coucher de soleil.


Bon bah voilà, le soleil commence à se coucher. Déjà on sent que ça va être beau.


Oula, Bali en fond, ce coloris ocre et sépia. Magnifique.


Bah là on voit bien le reflet du soleil sur l'eau et puis les nuages bleutés avec un peu de jaune.



Là, ben le soleil commence à disparaître, y a un peu des tons mauves avec du bleu, du violet et du rose. C'est beau. C'est quand même un peu long.



Bon, bah là c'est des rochers avec du sable et tout


bon bah là y a des bans de sable, des cailloux...


Et puis du sable, et puis....ouhla mais attends...
….Il est fou c'cailloux, montre voir comme il est chelou



'tain mais c'est un truc de ouf tous ces plis là, c'est complètement gue-din..Nan mais t'imagines un peu comment il a été fabriqué ce cailloux



Oauis bon, le soleil est toujours un ptit peu là. C'est beau. On voit bien Bali. On voit bien le mauve, le rose, l'orangé et tout le reste, là



Là pareil sauf que ça devient un peu plus rose. J'ai faim.



Bon bah là on sent que ça devient un peu plus bleu



avec du rose encore, et puis ptêt un peu de noir, on sait pas trop


Bah là on voit bien que c'est fini, on voit plus Bali, on voit plus le soleil.

Ah. C'était vraiment très beau ce coucher de soleil. C'est super romantique, y a vraiment de belles couleurs, pour résumer, du rose, du jaune, du noir, du bleu. C'est vraiment magnifique un coucher de soleil sur Bali.